Présentation

Présentation
Bonjour tout le monde et bienvenu sur mon tout nouveau blog !!! :D

Tout d'abord, pour ceux qui n'aurait pas lu la présentation sur le côté à gauche, je vais publier ici une nouvelle fix sur Tokio Hotel, groupe que j'adore. Donc, si vous, vous n'aimez pas, inutile de gâcher votre temps et de me perdre le mien en restant ici !!

Cette fiction est la deuxième que j'écris, la première étant celle-ci => THfurimmer869. Elle sera totalement différente de cette dernière mais j'espère que mes lecteurs de la première heure apprécierons également !!! ;-) Quant aux nouveaux, laissez-moi également votre avis, ne vous gênez pas parce que, comme pour la précédente fiction, j'accepte évidemment TOUTES les critiques !!!

Je vous préviens également tout de suite que, pour être prévenu, il faut nécessairement laisser au moins un commentaire sur le dernier chapitre publié !!!! J'ai pris cette mesure il y a un petit moment déjà pour éviter de prévenir des gens qui ne me lisait plus.

En ce qui concerne la fiction à présent : je vous préviens, ce ne sera pas quelque chose de triste, dramatique, dépressif et tout et tout parce que je n'arrive pas à écrire ce genre de truc !!! ^^ J'écris pour me changer les idées et rêver et j'espère donc que me lire vous procurera les mêmes sensations !!!

Je ne prétends pas être un grand écrivain, je fais des fautes comme tout le monde, mais j'essayerai de les faire les moins nombreuses possibles. D'autre part, je n'écrirais pas non plus en langage SMS.

Maintenant, que j'ai mis les choses au point, je vous laisse profiter donc de ma nouvelle fix !!! ^^ Et laissez-moi vos avis, n'hésitez pas !!! =D

A très bientôt !!!

LA PUB, C'EST ICI !!!!


PS : Je suis inscrite sur ces annuaires !!!
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# Posted on Sunday, 15 March 2009 at 6:40 AM

Edited on Monday, 02 November 2009 at 10:32 AM

Prologue

Prologue
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Bonjour, je m'appelle Kim et j'ai 17 ans. Je suis actuellement en terminale scientifique et mon plus grand rêve est de reprendre le métier de mon père : luthier. Un métier magique à mes yeux. Mais bon, je reviendrai là-dessus plus tard.

Aujourd'hui est un jour important : ma famille et moi, on déménage. On quitte Paris pour l'Allemagne. Pourquoi ? Tout simplement parce que mes parents ont la bougeotte. Depuis que je suis née, on a déjà déménagé cinq fois. Ainsi, j'ai vécu successivement à Metz, Besançon, Lyon, Toulouse et enfin Paris. Mon père trouve du travail n'importe où, d'autant plus que, dans son domaine, c'est le meilleur. Ma mère est chirurgienne et elle gagne également bien sa vie. Donc, voyager, déménager, changer de ville, ce n'est pas un problème pour eux. Mais ces déplacements incessants ont eu pour effet que je n'ai jamais eu d'amis. Il faut dire aussi que je suis plutôt solitaire de nature et je pense qu'il me faudrait beaucoup plus de temps pour réussir à m'attacher à quelqu'un qu'un ou deux ans (c'est en moyenne le temps qu'on passe dans une ville). En revanche, je suis très proche de mes parents et de mon frère. Ce sont en quelque sorte mes meilleurs amis.

Bon, je vais arrêter de penser à tout ça pour l'instant, sinon, je ne suis pas prête de décoller ! Parce que quand je suis partie à rêver, j'en ai pour des heures ! La conséquence de ne pas avoir de copines qui jacassent autour de vous et qui vous tirent sans arrêt de vos pensées. Bref ! Je me lève donc de mon lit, file à la douche avant que ma mère ne la prenne, m'habille d'un jean ample et souple, d'un simple tee-shirt beige à manche longue et avec un col bateau avec l'image d'un indien imprimée sur le devant, me coiffe et refais une dernière fois le tour de ma chambre pour voir si je n'ai rien oublié. Je range mes dernières affaires, comme mon Simba (c'est ma peluche fétiche), puis je descends mes sacs au rez-de-chaussée. Mon père a laissé la porte d'entrée ouverte pour pouvoir charger le coffre de la voiture. Dehors, il fait encore nuit noire mais je peux voir le camion de déménagement garée devant la maison.

Matthieu : « Chaud devant ! »
Moi en m'écartant : « Et derrière ? »
Matthieu : « Mais c'est que tu as un humour mordant, le matin, la naine ! »
Moi : « La naine... Je ne te permets pas ! »
Matthieu : « Sinon quoi ?! »

Il pose ses affaires à cotés des miennes et se redresse pour me sourire. Je croise les bras et fais ma tête de boudeuse. De toutes les façons, je sais que je n'ai aucune chance contre lui dans un combat à la loyale.

Moi : « La naine n'a pas dit son dernier mot ! »

Pour appuyer mes mots, je lui tire la langue dans une attitude très... immature. D'un autre côté, je suis forcée d'avouer qu'il a bien 20 centimètres de plus que moi avec son mètre quatre-vingt !

Christian (mon père) : « Bon, les jeunes ! Si vous voulez partir avant 8heure ce soir, j'ai besoin d'un coup de main ! »
Matthieu : « Un coup de pied, ça te va ? »

Sans attendre, mon père lui donne un coup de pied aux fesses ce qui le fait déguerpir de l'autre côté du hall en explosant de rire. Alertée, ma mère sort de la cuisine, un couteau menaçant à la main.

Françoise (ma mère) : « Je vois que tout le monde est debout, alors qui veut venir m'aider à préparer les sandwichs ? »

Elle affiche un grand sourire innocent en jouant avec le couteau. Mon père, mon frère et moi, on prend alors tous les trois la même expression faussement inquiète. Puis mon père et Matthieu échangent un rapide coup d'½il.

Matthieu : « Papa, tu avais besoin d'un coup de main ? »
Christian : « Ca me serait plus utile qu'un coup de pied, oui. Toi qui es costaud, prend cette valise, je me charge du reste... Kimi, tu veux bien aller aider ta mère ? »

Ma mère me fit un grand sourire encourageant. Je lançai un faux regard noir à mon père.

Moi en marmonnant entre mes dents : « Espèce de lâche ! »

On rigola et ma mère passa un bras autour de mes épaules.

Françoise : « Qu'est-ce que tu veux, ma chérie ?! Les hommes sont tous des bébés et les femmes sont les plus fortes mais ça, on l'a toujours su ! »

En temps normal, mon père ou mon frère, ou les deux, aurait rétorqué quelque chose mais là, ma mère avait toujours le couteau à pain dans la main. On rigola et chacun partit au travail.

Vers 10heure, la maison est enfin entièrement vide et c'est sans amertume qu'on grimpe tous les quatre dans le gros Hummer couleur rouille de mes parents pour quitter à jamais ce petit pavillon. On a appris à ne pas s'attacher aux lieux, comme on a appris à ne pas s'attacher aux personnes. On est heureux comme ça. Seulement nous quatre.

Alors que le camion file directement vers notre nouvelle demeure outre-Rhin, nous prenons notre temps sur la route. Mes parents aiment profiter de ces déplacements pour faire du tourisme. Ainsi, on a roulé par la nationale jusqu'à Strasbourg. Là, mon frère a pris le volant pour son plus grand bonheur et on s'est promené dans les rues strasbourgeoises, admirant les maisons alsaciennes. Puis on a franchit la frontière.

Heureusement, on avait prévu ce voyage depuis longtemps et on avait tous pris des cours d'allemand si bien qu'on ne fut pas trop perdu. On a visité également Cologne, une ville que j'ai trouvé proprement magnifique. Puis, on a enfin prit l'autoroute pour arriver quelques heures plus tard dans notre nouvelle ville.

Magdeburg. Deux cent trente milles habitants. Capitale du land de Saxe-Anhalt. Ville construite sur le bord de l'Elbe. On dit aussi qu'elle est très jolie, l'une des plus vertes d'Allemagne. J'ai hâte de voir ça. Ca va me changer de Paris ! Pour le moment, je ne regarde pas trop, je suis trop impatiente de voir l'endroit où vont se dérouler, au plus, mes trois prochaines années. Car je ne me fais pas d'illusions : il n'y a pas de raisons pour que mes parents s'attachent plus à cette ville qu'à une autre.

Après avoir un peu tourné en rond, on trouve enfin notre nouvelle maison, le camion des déménageurs se trouvant déjà devant, ouvert, avec les gars en train de décharger dans le jardin. Mon frère se gare derrière le camion et on descend prêter main-forte aux déménageurs.

Quatre heures plus tard, le camion est vide et tout est à sa place dans la maison. L'habitude, que voulez-vous. Mon père règle les déménageurs et ils s'en vont juste après. C'est là que le plus drôle commence : tout remettre à sa place ! Malgré qu'il soit déjà 10heure du soir, l'excitation de cette nouvelle vie nous maintient éveillée et de bonne humeur. Mon père et mon frère s'occupent d'agencer le salon et les chambres parce que c'est là que se trouvent les plus gros meubles à bouger. Ma mère et moi, on aménage donc la cuisine.

Françoise : « Bon, là se sera le placard des céréales... Ah non ! Visiblement, c'est déjà celui des assiettes ! Bon, mesdemoiselles, vous allez changer d'endroit... »
Moi : « C'est moi qui les ai mis là. C'est à côté du lave-vaisselle, j'ai trouvé ça pratique... »
Françoise : « Pas con ! »
Moi en souriant : « T'as vu ?! »
Françoise : « Bon, je les mets où, mes céréales, moi ? »
Moi : « Pourquoi pas là, sur cette étagère ? »
Françoise : « Je t'aime, ma fille ! »

Et ça continue comme ça jusqu'à ce que tous les cartons soient vides. Après les avoir emmenés dans le garage pour ne pas encombrer, on s'attaque à la salle de bain. Là encore, c'est rigolo et les garçons en prennent pour leur grade !

Moi : « Bon, les affaires de papa, je peux les mettre dans le tiroir tout en bas, là ? »
Françoise : « Pour ce qu'il les utilise, ça ira très bien ! »

Finalement, vers minuit et demi, tout est à sa place. Les garçons ont également terminé d'installer les lits, ce qui, à cette heure, est le plus important ! Exténués, nous nous souhaitons rapidement bonne nuit et je rejoins ma chambre. Ma nouvelle chambre.

Elle est grande, avec les murs encore blancs, et une grande fenêtre qui donne sur la rue. Je souris, toute contente à l'idée du travail de décoration que j'allais devoir faire. C'est une des choses que j'aime beaucoup faire en arrivant dans une nouvelle maison : décorer ma chambre. C'est l'endroit où je passe le plus de temps, avec le salon.

Le reste, je le connais. C'est le même mobilier qui m'accompagne de partout. Mon lit n'est pas encore fait, je sors donc rapidement mes draps de mon sac et fais mon lit à la hâte. J'en profite pour également sortir mon Simba qui s'installe confortablement sur l'oreiller. Ensuite, je ferme mes volets, je me mets en pyjama et je me glisse sous mes couvertures, blottissant mon Simba contre ma poitrine. Pfiou ! Même pas le courage de faire un détour par la salle de bain ! Ca attendra bien demain matin.

Demain. Ca va également être riche en émotion. Je dois aller chercher mes livres dans mon nouveau lycée et je suis sûre que mon frère et moi on va passer l'après-midi à traîner dans la ville pour la connaître un peu mieux. Et mon père qui va découvrir son nouvel atelier... J'ai vraiment hâte d'y être.

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Et voilà !!!! Je sais, c'est court par rapport à ce que je fais d'habitude mais ce n'est qu'un prologue, hein !!! ^^ Les prochains chapitres seront aussi longs que d'habitude !!!!
Dîtes-moi ce que vous pensez de ce début !!! Donnez-moi toutes vos impressions !!! Je suis trop contente de commencer cette fix, vous ne pouvez pas savoir à quel point !!! ^^
Bon, je vous laisse et vous dis à très bientôt !!

# Posted on Sunday, 15 March 2009 at 10:30 AM

Edited on Monday, 13 April 2009 at 7:39 AM

Chapitre 1

Chapitre 1
Ndla : Les paroles entre " " sont en allemand, celles entre « », en français !!!

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Je me réveille avec une douce odeur de crêpes. Je souris et m'étire doucement. Ce faisant, mon estomac émet un gros gargouillis. Je ne peux m'empêcher de rire doucement.

Moi : « Je sais, je sais, encore un peu de patience... »

Je tapote mon estomac pour le calmer. J'aime beaucoup me parler ou parler à des objets. Je crois que j'ai hérité ça de ma mère. L'odeur alléchante montant de la cuisine finit par me mettre l'eau à la bouche et je me lève, reposant soigneusement mon Simba sur l'oreiller. Avant tout, j'ouvre mes volets et laisse ma fenêtre béante pour changer l'air de ma chambre et faire entrer les premiers rayons du soleil qui se lève dans un ciel vide de nuage. La journée promet d'être radieuse ! Puis, je mets mes chaussons que je déniche dans un de mes sacs et je descends enfin à la cuisine.

Le matin, je suis rarement dans le brouillard si bien que je sautille de partout en me levant. Je saute les trois dernières marches des escaliers et cours dans la cuisine pour sauter sur le dos de ma mère.

Moi : « Bonjour ! »
Françoise : « Attention ! Prend pitié de mes pauvres crêpes ! »

Je rigole et lui plante un gros bisou sur la joue avant de m'excuser platement face à la poêle où une crêpe est en train de dorer. Ma mère rigole et m'embrasse sur la tête.

Françoise : « Bien dormi ? »
Moi : « Super ! »

Je m'affaire à mettre la table en sortant les assiettes, les couverts, le pot de miel, la confiture, le Nutella (très important)... quand mon père entre dans la cuisine, beaucoup moins réveillé que moi, ce qui m'amuse toujours autant. J'adore lui donner le tournis le matin ! Je cours vers lui et m'accroche à son cou en l'embrassant sur les deux joues plusieurs fois de suite.

Moi : « Bonjour papa ! »
Christian : « B'jour m'chérie... »

Il arrive à peine à ouvrir les yeux, ce qui me fait rire. Il s'assoit à tâtons et reste là, à fixer son assiette. Puis, petit à petit, il réalise qu'il a bien une assiette devant lui et pas un bol. Alors, il relève doucement la tête et hume l'air de la cuisine et enfin, il voit sa femme derrière les fourneaux.

Christian : « Oh ! Des crêpes ! »
Françoise : « Bonjour mon muffins d'amour... »
Christian : « Oups ! Pardon, ma chérie ! Bonjour, comment tu vas ? »

Il se lève d'un pas un peu plus assuré que quand il est entré dans la cuisine et va la prendre par la taille en l'embrassant dans le cou.

Françoise en souriant : « Très bien ! Mais j'ai eu peur, un instant. J'ai cru que tu m'avais trouvé un nouveau surnom ! »

J'explose de rire face à la tête contrite de mon père qui se retourne vers moi, le regard malicieux.

Christian : « Dis donc, toi ! Si tu allais réveiller ton frère ? »
Moi : « J'y cours, j'y vole ! »

Et je pars effectivement en courant vers la chambre de mon frère, adjacente à la mienne. J'ouvre la porte en trombe et me jette sur le lit de Matthieu en le secouant comme un prunier. Le matin, vous l'aurez remarqué, j'adore faire chier mon monde !

Moi : « Deeeebouuut ! C'est l'heeeeuuure ! »
Matthieu : « Putain, vire de ma chambre ! »

Je n'en fais rien et continue à le harceler jusqu'à ce qu'il soit assez réveillé pour réagir. C'est bien sûr ce que j'attendais avec impatience. Une vraie gamine et fière de l'être !

Matthieu en serrant les dents : « Oh toi, crapule... »

Il se retourne sur le dos, m'attrape fermement par la taille d'un bras, me plaque contre lui et de sa main libre, il se met à me chatouiller pour mon plus grand bonheur. J'adore les chatouilles ! Je me tortille dans tous les sens en riant aux éclats jusqu'à ce que je n'aie plus de souffle. Là, Matthieu s'arrête et me garde contre lui. Je niche ma tête dans son cou. J'adore ces petits moments entre mon frère et moi. On est très complice, tous les deux, on aime être proche l'un de l'autre.

Puis, Matthieu perçoit enfin l'odeur de crêpe qui plane dans la maison. Il sourit et me jette sans scrupule du lit pour se lever. Je grommelle mais je souris malgré tout. C'est comme ça, entre mon frère et moi. Attentionné un instant et négligent l'instant d'après... Et j'adore notre relation. Je me relève et rejoins ma petite famille attablée à la cuisine.

On déjeune dans la bonne humeur en faisant des projets pour la journée. Mon père veut aller à son atelier le plus vite possible, mais pour ça, il a besoin de mon frère pour l'aider à porter tout son matériel là-bas. Il prendra aussi la voiture et comme je n'ai pas envie de faire l'aller-retour au lycée à pied, je dois attendre que mon frère revienne avec la voiture pour m'y emmener. D'ici là, j'ai l'intention de ranger ma chambre correctement et, s'il me reste du temps, de songer à la décoration. Ma mère veut faire un peu de ménage, l'emménagement ayant déplacé beaucoup de poussière. Une fois le repas terminé, on se met donc tous à l'½uvre.

Je monte dans ma chambre et me mets à ranger mes vêtements dans ma penderie, à mettre de l'ordre dans mes affaires scolaires et à nettoyer mes vitres qui étaient dans un état épouvantable. Puis, je passe à la salle de bain pour me laver moi-même, m'habiller et me coiffer. J'attache mes longs cheveux châtains foncés en une queue de cheval haute, laissant deux mèches retomber devant mes yeux d'un vert brillant et en amande. Je me vérifie une dernière fois dans la glace : ce tee-shirt vert clair ressort vraiment bien sur ma peau matte ! Et même si ce jean est un peu vieux, il me va toujours aussi bien. Satisfaite, je sors donc de la salle de bain pour descendre rejoindre ma mère en train de ranger les livres dans notre bibliothèque. Le problème de cette activité, c'est que tôt ou tard, on s'aperçoit qu'on a encore un livre qu'on pensait avoir perdu depuis longtemps et on se remet à le lire parce qu'il est trop bien. C'est d'ailleurs ce qui m'arrive après cinq livres rangés.

Moi : « Hé ! Je croyais que tu l'avais jeté, celui-là ! »
Françoise : « Et puis quoi encore ?! Il est trop bien ! »
Moi : « Je sais ! »

Et je me laisse tomber dans le canapé pour me remettre à le lire. Mais je suis interrompu dans ma lecture par la porte d'entrée qui s'ouvre.

Matthieu : « Choupette ! Ramène tes fesses, on va chercher tes livres ! »
Moi : « J'arrive ! »

Je referme mon livre en marquant soigneusement la page, le monte à ma chambre en courant, attrape mon sac de cours, vide pour l'instant, et redescends dans le hall d'entrée.

Françoise : « Tu as tous tes papiers ? »
Moi : « Oui maman ! »
Françoise : « Ok ! A toute à l'heure ! Et bon courage ! »
Moi en maugréant : « Merci ! »

Matthieu éclate de rire et on sort tous les deux dehors pour grimper dans le gros Hummer.

Moi : « Alors, il est comment, l'atelier de papa ? »
Matthieu : « Super ! Il est grand, bien éclairé, super bien placé... »
Moi : « J'ai hâte de passer à la boutique ! »
Matthieu : « De toutes les manières, quand on ira se balader toute à l'heure, on passera devant et tu verras par toi-même. »
Moi : « Et toi, tu reprends quand les cours ? »

On était à la mi-janvier et aujourd'hui, c'est vendredi. Donc moi, je récupère mes livres aujourd'hui et reprends le lycée lundi. Ca ne me gênait pas de reprendre en cours d'année : quoiqu'il arrive, je n'arrivais pas à me faire d'amis et j'étais suffisamment bonne élève pour rattraper. Mon frère était en étude de médecine. Il voulait faire le même métier que ma mère mais en avait pour un petit moment d'étude, encore ! Alors que moi, je n'avais plus que la fin de l'année à tirer et après, ce sera mon père qui me formera !

Matthieu : « Je sais pas, j'irai me renseigner lundi après t'avoir déposée au lycée ! »

Encore une de nos routines. Mon père se rendait toujours à son atelier en vélo donc, depuis que mon frère avait le permis, il me déposait tous les jours au lycée et revenait me chercher chaque soir. Quand il terminait plus tard que moi, je l'attendais en permanence. Mes parents n'avaient pas voulu au départ qu'il m'emmène ainsi. Ils disaient que ça réduisait mes chances de me faire des copains dans les transports. Mais quand ils ont vu que, quoiqu'il arrive, je ne me faisais pas d'amis ils ont renoncé et nous ont laissé faire ce qu'on voulait.

On n'a eu aucun mal à trouver le lycée car il était bien annoncé. C'est un grand bâtiment moderne, ou plutôt, un complexe de grands bâtiments modernes ! Le cadre est agréable avec la grande cour, des arbres, des pelouses parfaitement entretenues... Mon frère gare la voiture près du portail et descend avec moi. On avance jusqu'à un interphone et c'est moi qui me charge de sonner.

... : "Oui ?"
Moi : "Bonjour ! Je suis Kim Beauregard, je suis nouvelle et je viens récupérer mes livres."
... : "Ah oui ! Bien sûr ! Rend-toi à l'accueil !"

Elle m'ouvre et on franchit le seuil de l'établissement.

Matthieu : « Je crois que tu n'as pas besoin de préciser que tu es française ! »
Moi en lui pinçant les côtes : « Oh ça va, hein ! Au moins, j'aurais les notes maximales en cours de français ! »
Matthieu : « T'imagines la honte, sinon ? »

On rigole en gravissant une petite volée de marche conduisant au premier bâtiment qui portait une pancarte "ACCUEIL" au dessus de la porte.

Matthieu : « En tout cas, j'aime le coin. J'aurais bien aimé faire mon lycée dans un bahut pareil ! »

Je souris. Il me laisse frapper et entrer la première. A l'intérieur, dès l'entrée, une petite salle avec quelques chaises et une fontaine à eau. Il y avait également une grosse plante verte. Pour l'instant, la petite salle d'attente étant vide, je me dirige donc directement vers la salle principale où trois bureaux sont alignés derrière lesquels trois secrétaires se trouvent, toutes affairées mais papotant quand même entre elles. Quand on entre, elles relèvent toutes la tête pour nous regarder. Et elles sourient toutes les trois gentiment. La secrétaire qui avait sur son bureau une petite pancarte avec marquée dessus « Mme Keiser » est la première à prendre la parole.

Mme Keiser : "Bonjour ! Je suis la secrétaire principale de l'établissement ainsi que la CPE des classes de seconde."
Moi : "Bonjour, je m'appelle Kim Beauregard et j'arrive de France. Je suis inscrite dans cet établissement pour la fin de cette année."
Mme Keiser : "Tu es en quelle classe ?"
Moi : "Terminale, madame."
Mme Keiser : "Très bien, alors je vais te laisser voir avec ma collègue, Mme Hansmann. C'est elle la CPE des classes de terminale."

Elle me désigne le bureau à sa droite en souriant et je m'approche donc, mon frère me suivant à la trace.

Mme Hansmann : "Bonjour, ma petite. Alors tu as ta dérogation ? Ta feuille d'inscription ? Ta feuille d'identité ?"
Moi en sortant les documents : "Oui... Les voilà."

Elle me les prend, pose une paire de lunettes sur son nez aquilin et regarde les fiches les unes après les autres.

Mme Hansmann : "Bien ! Tout m'a l'air en ordre. Tu reprends lundi, ça te va ?"
Moi : "Oui, oui."

Elle prend un petit papier sur son bureau, griffonne quelque chose dessus puis prend son téléphone, appuie sur la touche 3 et patiente quelques instants.

Mme Hansmann : "Dunja ? Oui, c'est Corinna. Pourrais-tu venir au secrétariat ? Il y a la petite nouvelle qui vient d'arriver. Il faut l'emmener au CDI pour qu'elle récupère ses livres et lui présenter rapidement les lieux... Très bien, merci."

Elle raccroche et m'adresse un sourire maternel.

Mme Hansmann : "Voilà ! Tu seras en terminale 12 et ton professeur principal est ton professeur de Mathématiques, M. Fentsch. Je te donne maintenant ton emploi du temps comme ça, Dunja pourra te montrer tes classes."
Moi : "C'est vraiment gentil mais ce n'est pas la peine, vous savez, je me débrouillerai lundi..."
Mme Hansmann : "Ce sera plus simple comme ça, non ? Bon. Et pour jeune homme...?"
Matthieu : "Je suis son frère, je l'accompagne juste."
Mme Hansmann : "Ah très bien !... Ah ! Dunja ! Je te présente mademoiselle Kim Beauregard et son frère. Kim voici Dunja. C'est une des surveillantes du lycée."

La dénommée Dunja est une jeune femme à l'air aimable mais quelque chose montre dans sa posture qu'elle sait se faire respecter. Elle me sourit et m'invite à la suivre. On sort donc tous les trois du secrétariat.

Dunja : "Alors comme ça, tu viens de France ? Ca doit être dur de changer comme ça de pays, non ?"
Moi : "On a l'habitude de bouger."
Dunja : "Et tu viens d'où, en France ?"
Moi : "Paris. Mais on a aussi habité à Metz, Lyon, Toulouse, et Besançon."
Dunja en souriant : "Effectivement, tu bouges beaucoup !"

Je souris en retour. Elle est gentille mais je ne suis jamais très loquace avec les gens autres que mon père, ma mère et mon frère. D'un certain côté, si je n'ai jamais eu d'amis, c'est en partie de mon fait parce que je ne fais rien pour alimenter une conversation. Je n'aime pas parler de moi, donner mon avis, m'exprimer face à quelqu'un que je ne connais pas et ce trait de ma personnalité en a découragé plus d'un qui voulait m'aborder ! J'ai toujours l'impression que si je raconte ma vie, mon interlocuteur va s'ennuyer parce qu'il n'en a rien à faire, même si souvent, il me dit tout le contraire ! Sauf que s'il y a une chose que j'aime encore moins que parler de moi, c'est bien les hypocrites...

Dunja : "Alors, là, c'est le réfectoire. Il est ouvert tous les jours de 11h30 à 13h30. Là, c'est l'une des salles de permanence. Il y en a cinq en tout dans le lycée. Il n'y a pas de surveillants, c'est à vous de faire en sorte que tout se passe bien."

La salle en question était une salle de classe désaffectée et reconvertie en une sorte de petit salon avec des tables et des chaises confortables, ainsi qu'un ou deux canapés. Je sens que je vais me plaire, ici, moi ! Dunja continue la visite et on arrive bientôt devant le CDI. On entre et elle se dirige directement vers le bibliothécaire. Moi, je la suis plus doucement, jetant quelques coups d'½il autour de moi. Plusieurs élèves travaillent en groupe ou seul à de grandes tables en bois brut, d'autres se baladent parmi les nombreuses étagères... le tout dans l'atmosphère feutrée et silencieuse d'une bibliothèque. Je rejoins la surveillante qui a déjà mes livres à la main. J'ouvre alors mon sac et elle les glisse dedans. Matthieu prend alors mon sac sur une épaule et je le remercie d'un sourire. On quitte ensuite le CDI.

La visite se poursuit le long de grands couloirs et Dunja m'énumère le nom des endroits qu'on traverse.

Dunja : "Là, c'est les salles de TP... Là, c'est les toilettes... Là, c'est l'infirmerie... Là-bas, le grand bâtiment que tu vois par la vitre, c'est le gymnase, on y accède depuis la cour... Et bien, les gars !! C'est quoi, là ? Pause pique-nique ? Salon de thé ?"

Je sursaute en entendant son changement de ton et regarde ensuite dans sa direction. Trois garçons se tiennent assis nonchalamment dans un coin. Si tous les trois ont à peu près le même gabarit (grand et mince), ils n'ont en revanche pas du tout le même look ! Et tout de suite, je me dis que l'image que l'on a des allemands comme étant très respectueux des règles et des conventions est brisée en mille morceaux !

L'un est blond platine, les cheveux courts et lisses avec une mèche lui tombant devant l'½il gauche. Ses vêtements sont plutôt serrés pour un garçon et il aime visiblement les impressions fluorescentes et flashies ! Il mâchonne un stylo en regardant le plafond, mais tourne la tête vers Dunja en souriant.

L'un de ses deux amis est châtain clair, porte des dreadlocks retenues par une casquette et un bandeau mais qui lui descendent malgré tout bien en dessous des épaules. Ses vêtements sont très larges et il semble être un adepte de la gamme Eckö Unltd. Si son look rappelle tout du rappeur américain, ce n'est pas le cas pour le troisième garçon.

Ce dernier a les cheveux longs, noirs, parsemés de mèches blondes. Une mèche retombe gracieusement devant un ½il charbonneux. En effet, il se maquille, et pas qu'un peu ! Ses yeux sont cerclés d'un épais trait noir et il porte du gloss. Il a également un piercing à l'arcade. Ses vêtements, par opposition au rappeur, le moule à l'extrême et sont uniquement dans les tons de noir et blanc. Ce mec a une classe incroyable !

En entendant Dunja, ils ont tous les trois tourné la tête vers elle. Ils affichent aussitôt un sourire.

Le brun : "C'est plus aire de repos, là ! Tu veux te joindre à nous ? On ne dirait pas, mais le carrelage est vraiment confortable !"
Dunja : "C'est ça ! Allez ! Debout, tous les trois et allez dans une salle de permanence, au moins !"
Le brun en regardant le châtain : "Putain, qu'on est con ! On n'a même pas pensé à aller dans les canapés des salles de permanence."
Le blond : "Bah non ! Le carrelage est bien plus confortable !"

Des trois, seul le dreadeux s'intéresse à nous. Ses yeux virevoltent vers mon frère sans s'attarder et se fixent ensuite sur moi. Là, son regard change totalement. De nonchalant, il passe à vivement intéressé puis à dragueur, presque provocant. Il me toise en jouant avec son piercing à la lèvre, un petit sourire sur le visage. Automatiquement, mon sang ne fait qu'un tour : pour qui il se prend, ce type ?! Je sens Matthieu qui se tend à côté de moi et se rapproche, protecteur. Le dreadé lui accorde alors un peu plus d'attention et soulève un sourcil interrogatif.

Dunja : "Ok, j'ai compris, vous ne voulez pas y aller. Bon, trouvez-vous au moins un autre endroit, sinon, on va m'engueuler après."
Le brun malicieux : "Tu peux peut-être nous conseiller ?"
Dunja en souriant : "Et puis quoi encore ?! En plus, je suis sûre que vous êtes bien mieux renseignés que moi sur les cachettes de ce lycée !"
Le blond : "Rooo ! Pas drôle !"

Ils se lèvent en maugréant et le dreadeux me lâche enfin des yeux. Ils récupèrent leur sac et s'en vont après un dernier signe de la main à Dunja. Cette dernière soupire et repart. On la suit, mais je bouillonne encore de l'attitude du gars avec les dreadlocks. J'ai toujours détesté viscéralement les types qui se prenaient pour des tombeurs. De plus, ayant un physique agréable, j'avais malheureusement souvent le droit aux techniques de drague foireuses de ce genre de mecs. Heureusement, au lycée, je restais dans mon coin et je passais inaperçue, et quand je me promenais dans la rue, j'étais souvent accompagnée de Matthieu, ce qui me sauvait de devoir rembarrer les garçons un peu trop entreprenants.

Matthieu : "C'était qui ?"
Dunja : "Oh, des gars qui aiment faire parler d'eux, c'est tout. Ils sont très populaires ici. Mais ils aiment bien transgresser quelques règles de temps à autre, histoire qu'on ne les oublie pas."

Matthieu ne rajoute rien mais je le sens encore en colère et je sais précisément ce qu'il pense : je défonce ce mec s'il touche à ma s½ur ! Mais bon, depuis qu'il avait disparu, je me calme plus facilement et repense alors au brun. Jamais je n'avais vu un gars dégager un tel charisme et avoir une telle classe. Quelque chose en lui m'attirait irrésistiblement, tout en m'impressionnant. Mais je n'ai pas pu continuer à penser à lui car la visite était terminée.

Après avoir remercié la surveillante, on retourne tous les deux à la voiture.

Matthieu : « Moi qui pensait en avoir finit avec tous ces mecs relous, dragueurs à deux balles et tout... »
Moi : « Visiblement, non ! »
Matthieu sérieusement : « S'il t'approche, s'il te touche, s'il te fais du mal, tu me le dis illico-presto, pigé ? Peu importe où tu es ou l'heure qu'il est, tu m'appelles ! »
Moi en levant les yeux au ciel : « T'inquiète, il va vite se décourager avec moi... Mais d'accord, je t'appelle. »

Il souffle pour se calmer et met le moteur en marche. Mon portable sonne et je décroche à ma mère.

Françoise : « Ma chérie ? C'est bon, tu as terminé ? Tu as tout ce qu'il te faut ? »
Moi : « Oui, on vient de remonter dans la voiture, là. »
Françoise : « Ok. Vous pouvez passer me prendre à la maison ? Papa veut qu'on mange tous en ville à midi. »
Moi : « Oh, cool ! Son atelier doit vraiment lui plaire ! »
Françoise : « A mon avis, oui ! »
Moi : « Bon, on arrive ! »

Je raccroche et mets mon frère au courant du projet de déjeuner en ville. Il acquiesce et ramène la voiture à la maison. Plus on s'éloigne du lycée, plus je le sens se détendre. Je ne dis rien et le laisse ruminer.

Arrivés à la maison, je pose mon sac et on repart directement avec ma mère qui nous attendait.

Françoise : « Alors ? Premières impressions ? »
Matthieu : « Mal fréquenté. »
Françoise : « Quoi ? »
Moi en soupirant : « Non, il m'a l'air très bien, ce lycée. Juste, pendant qu'une pionne me faisait visiter, on est tombé sur trois gars qui glandaient dans les couloirs. L'un d'eux m'a reluquée ouvertement et ça n'a pas plu à Matthieu. »
Matthieu en s'offusquant : « Parce que ça t'a plu, à toi ? »
Moi : « Je n'ai pas dit ça, tu sais que je déteste ce genre de gars. Mais c'est bon, on ne va pas se prendre la tête avec cette histoire toute l'après-midi ! »

Matthieu se renfrogne. Ma mère, elle, n'y voit aucun mal.

Françoise : « Mais Matthieu, c'est normal que les garçons la regardent. Elle est très mignonne, ma fille, aussi ! »

Je souris à ma mère. Matthieu, lui, grommelle de plus belle dans son coin. Je n'aime pas le voir comme ça alors je me penche vers lui et lui colle un bisou sur la joue.

Moi : « T'inquiète pas, va ! Je vais me charger de le remettre à sa place rapidement et si ça ne marche pas, promis, je t'appelle pour que tu viennes lui casser la gueule. Maman n'aura qu'à le rafistoler après ! »
Françoise en souriant : « C'est gentil de te préoccuper de moi et de m'assurer un emploi, ma chérie ! »

On rigole toutes les deux et mon frère finit par esquisser un sourire. Peu après, on arrive à l'atelier de mon père. Je descends de la voiture et cours dans la boutique.

L'atelier n'est occupé que depuis ce matin et déjà, l'odeur du bois imprègne la pièce. Je respire à plein poumon. Mon père a déjà terminé de tout mettre en place et quand j'arrive, il est en train de poncer une guitare en cours de fabrication. Il relève la tête, me sourit et pose précautionneusement l'objet. Il s'essuie les mains, secoue sa chemise et vient m'embrasser.

Christian : « Bonne matinée ? »
Moi : « Ca peut aller ! Mon lycée est super beau ! »
Christian : « C'est une bonne nouvelle, ça ! On va en discuter plus tard, là, mon estomac crie famine ! »

Je rigole et on sort de la boutique. Il ferme la porte derrière lui et on grimpe dans la voiture. Mon père donne quelques instructions à mon frère quant à savoir où se diriger et on repart. Mon frère finit par se garer dans une zone très animée.

Christian : « J'ai repéré un petit resto sympa, en passant ce matin. Venez voir ! »

Le restaurant en question servait des spécialités culinaires locales. Il se révèle être alors excellent et mes parents jouaient depuis plusieurs minutes à « qu'est-ce qu'il y a dans ce plat » quand Matthieu se penche vers moi.

Matthieu : « Ca tient toujours pour cette après-midi ? »
Moi : « Ouais, j'ai trop envie de voir à quoi elle ressemble vraiment, cette ville ! »

Le repas se déroule donc joyeusement puis on se sépare. Ma mère reprend la voiture pour déposer mon père à son atelier puis pour aller faire des courses. Nous, on part tranquillement vers le centre-ville.

Après plusieurs heures à carapater dans les rues de Magdeburg, on se décide à rentrer. J'avoue que la ville a beaucoup de charme. Outre tous ses parcs, elle regorge d'échoppes plus ou moins importantes. Les gens sont accueillants, souriants, et pour la première fois, je me sens bien hors de chez moi. D'habitude, je ne suis à l'aise que dans mon foyer. A l'extérieur, je n'ai pas d'amis avec qui me promener et je supporte mal la foule. Mais là, je n'ai pas cette sensation d'oppression. Les gens sont joyeux et communiquent cette bonne humeur. Un regard à mon frère m'informe qu'il est d'accord avec moi.

Matthieu : « Ca, c'est du dépaysement ! Je n'avais pas cette impression, les autres fois où on a déménagé. »
Moi : « Moi non plus. Punaise, il faut que je revienne avec maman pour faire les boutiques ! »
Matthieu en riant : « Tu vas survivre avec autant de magasins autour de toi ?! »
Moi : « Il y a intérêt, tient ! Je n'ai pas envie de gâcher ma chance d'avoir des magasins tout autour du ventre en mourrant d'overdose ! »

Il explose de rire et je le suis. Je suis de bonne humeur. C'est vrai quoi ?! Ma nouvelle maison me plaît, j'ai un beau lycée, j'habite dans une ville qui pour la première fois, ne me rejette pas, et je viens de passer l'après-midi avec mon frère. Que demander de plus ?

En rentrant, la perspective de devoir ranger mes livres de cours n'arrive même pas à faire partir mon sourire. Une fois fait, je vais aider ma mère à préparer le repas du soir. J'adore cuisiner. Et ce soir, c'est chili con carne. J'en salive d'avance !

*
* *


Le lendemain, je passe une grande partie de la journée à feuilleter mes livres de cours pour voir en quoi le programme allemand diffère du programme français. Puis, mon frère vient me chercher pour qu'on se promène tous les deux dans le quartier.

Tout en marchant, on parle de tout et de rien, on se charrie, on se taquine. La routine quoi ! Je remarque alors qu'il y a beaucoup d'autres groupes de jeunes à traîner dehors, soit dans les jardins, soit dans la rue même sur des bancs ou à même le sol. Mais comme d'habitude, on n'en approche aucun, préférant rester tous les deux. Certains nous regardent mais beaucoup nous ignorent et ça me va très bien !

Le dimanche se déroule de la même manière sauf que le soir, avant d'aller me coucher, j'ai une boule d'appréhension dans l'estomac. Malgré le fait que je ne vais pas vers les autres personnes, je suis une fille très assurée mais pas au point de ne pas redouter un minimum ma première journée de cours dans ce nouvel établissement. Comme toujours dans ces cas-là, je rejoins mon frère dans sa chambre.

Je toque pour la forme et entre sans attendre de réponse. Parfait ! Il est en train de jouer de la guitare. Il ne joue pas souvent, ce n'est pas une passion et il ne maîtrise pas très bien l'instrument mais le peu de mélodies qu'il connaît, il les interprète divinement bien. Il relève la tête en m'entendant entrer. Je souris et viens m'asseoir à côté de lui. Il recommence à jouer doucement. Je souris : c'est ma berceuse. Celle que mon père a composée pour nous au piano, la première que mon frère ait appris à jouer sur la guitare et celle qui m'a toujours tout fait oublié. Matthieu me la joue quand il sent que ça ne va pas.

Moi : « Je stresse pour demain. »

Il ne répond rien, acquiesce seulement de la tête et continue à jouer. Je me blottie contre lui, replis mes jambes sous mon corps et pose ma tête sur son épaule. Il rejoue la même mélodie inlassablement, pour moi. Et je ne l'entends même pas s'arrêter...


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Bonjour tout le monde !!! (Même s'il n'y a pas grand monde pour l'instant !!! lol)

Voici le premier chapitre !!! :D J'espère que ça vous plaît !! Donnez-moi toutes vos impressions !!! A votre avis comment ça va se passer le lendemain au lycée ? Que pensez-vous de l'attitude de Kim vis-à-vis de Tom ? Donnez-moi vos hypothèses !!!

Bon, sur ce, je vous dis à bientôt pour la suite !!!

# Posted on Thursday, 19 March 2009 at 12:58 PM

Edited on Monday, 13 April 2009 at 7:42 AM

Chapitre 2

Chapitre 2
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Le lendemain, mon réveil me tire du sommeil à 6h30. J'ouvre les yeux en maugréant. Je suis dans mon lit, Matthieu a dû m'y ramener hier soir, ce n'est pas la première fois que ça m'arrive. Je me souviens alors du jour qu'on est et une boule se forme à nouveau dans mon estomac.

Je me lève et vais prendre une douche pour me détendre. Je m'habille ensuite d'un jean ample, et d'un pull fin, moulant correctement mon torse. Je mets un petit collier, des boucles d'oreille puis je me coiffe. Aujourd'hui, ce sera un simple bandeau, laissant passer deux mèches brunes devant mes yeux. Enfin prête, je sors et descends à la cuisine. J'y trouve mon frère, pas très réveillé, face à son bol de café. Je grimace et me fais chauffer une nouvelle casserole d'eau pour mon thé. Je n'aime pas le café.

Je m'assois, me sers un verre de jus d'orange et commence à me beurrer mes tartines. Mon frère semble enfin s'apercevoir de ma présence car il relève la tête pour me regarder.

Matthieu : « Salut... »
Moi : « Coucou ! Qu'on soit en France ou en Allemagne, tu n'es toujours pas du matin, toi, hein ? »

Il marmonne quelque chose d'incompréhensible et bois une nouvelle gorgée de son café. Il termine, un peu plus réveillé, se lève et va se préparer. Mes parents ne sont pas encore debout. Ils ne se lèvent que bien plus tard. Ma mère va aller chercher du travail aujourd'hui, d'après ce que j'ai compris. Et mon père n'ouvre sa boutique qu'à 10heure.

Je déjeune tranquillement, sans beaucoup d'appétit. Une fois mon bol de thé vide, je débarrasse la table, la remets pour mes parents et vais me brosser les dents. Quand je ressors, mon frère descend déjà les marches, fin prêt. Il est 7h30 et je ne veux pas arriver en retard donc on part maintenant.

Le jour se lève à peine quand Matthieu met le moteur en route. La voiture sort de l'allée doucement et s'engage sur la route. Je ne parle pas beaucoup, le stress me nouant le ventre.

Matthieu : « Je reviens te chercher à 16heure, c'est ça ? »
Moi : « Oui. »
Matthieu : « Tu te souviens ? Si l'autre, il t'approche, tu m'appelles, OK ? »
Moi : « Oui. »
Matthieu : « Ton portable est allumé ? »

Je n'ai même pas le courage de lui demander de me lâcher les baskets avec ça. J'acquiesce donc d'un simple mouvement de tête. On arrive enfin devant l'établissement. A 7h45, il y a déjà plein de monde devant le portail et l'arrivée du Hummer orange-marron ne passe pas inaperçue.

Moi d'une voix aiguë : « Tu peux me déposer plus loin, s'il te plaît ? »
Matthieu : « Bien sûr. »

Il dépasse le lycée et se gare un peu plus loin. Là, il met au point mort, et se tourne vers moi.

Matthieu : « Allez, courage, petite s½ur ! Je suis de tout c½ur avec toi ! »

Je souffle régulièrement et profondément pour me donner le courage d'affronter cette journée. Matthieu m'enlace, ce qui m'aide singulièrement. Je souris et le repousse doucement.

Moi : « Ca va bien se passer. Même avec l'autre... »

Il sourit, conscient que ce n'est plus le moment des recommandations.

Moi : « A ce soir, alors ! Pense à moi ! »
Matthieu : « Je ne ferai que ça ! »

On se sourit une dernière fois, je lui claque un baiser sur la joue et je finis par sortir de la grosse voiture. Je me dirige alors vers le lycée d'un pas décidé. Ca y est, le plus dur est fait. Le fait de marcher vers ses grilles me détend déjà. Du coin de l'½il, je vois le Hummer passer en sens inverse mais je ne me retourne pas. Je me cale contre les grilles et attends que ça sonne. Inutile de se rendre directement à ma salle, Dunja me l'avait montré et je me souvenais parfaitement de l'endroit où elle se trouvait. J'attends donc comme tout le monde que la sonnerie de 8heure retentisse. En attendant, je dévisage rapidement les jeunes autour de moi.

Quelques uns me lancent des regards furtifs mais la plupart ne fait pas attention à moi. Comme quand on se baladait dans notre quartier avec Matthieu. Encore une fois, ça me convient tout à fait. Physiquement, les allemands ne sont pas très différents des français, ce qui me rassure quelque peu. Je ne sais pas à quoi je m'étais attendue exactement mais, quand on change de lycée, on a toujours cette impression bizarre que le nouvel établissement va être peuplé de martiens ! Je suis contente que ce ne soit pas le cas.

... : "Salut !"

Je sursaute et me retourne pour voir une jeune fille blonde, avec un carré plongeant, et des yeux d'un bleu océan impressionnant. La fille me sourit et s'adresse visiblement bien à moi.

La fille : "Moi, c'est Isabella mais tu peux m'appeler Isa, ou Bella, ou Bebel, ou Zaza... Bref ! Comme tu veux ! Toi, tu es la nouvelle, c'est ça ? Tu es française ?"

Elle avait un débit impressionnant et il me fallut quelques instants avant de réagir.

Moi : "Euh... Oui... Oui, c'est ça... Excuse-moi, je m'appelle Kim."
Isabella : "Pratique, toi au moins, on ne va pas te chercher de surnoms trop extravagants, j'imagine ?"
Moi en souriant : "Non, c'est vrai."
... : "Bella !"
Isabella en se retournant : "Quoi ?! Oh ! Salut ! Ca va ? Attend, attend !"

Elle se retourne vers moi à nouveau.

Isabella : "Tu es en quelle classe ?"
Moi : "Terminale 12."
Isabella : "Oh génial ! On est ensemble alors ! Viens, je vais te présenter aux gens de la classe !"

Une nouvelle bouffée de panique me submerge. Je ne veux pas être une bête de foire. D'habitude, je n'attire pas l'attention et le changement me fait peur. Je n'aime pas être au centre de l'intérêt général et je n'aime pas la foule. Isabella voit mon air gêné.

Isabella : "Ne sois pas timide ! Tu vas voir, mes copains sont adorables !"
Moi en souriant maladroitement : "Je... Je n'aime pas trop... Je préfère rester seule, je suis plutôt solitaire comme fille..."

Elle parait gênée pour moi. Elle se mord la lèvre, cherchant visiblement à comprendre pourquoi je réagis ainsi. Puis, son sourire éclatant revient.

Isabella : "Ok ! Tu veux qu'on reste là, toutes les deux ? Comme ça, je te présente un peu tout le monde et je te raconte tout ce qu'il faut savoir sur tout le monde !"

Je la regarde en ayant du mal à cacher mon ébahissement. En général, c'est toujours à ce moment-là que les gens se découragent et me laissent. Je n'avais jamais rencontré personne qui accepte de quitter sa bande de copains pour rester seule à bavarder avec moi.

Moi : "Oh ! Tu n'es pas obligée, tu sais... je peux rester seule, ça ne me dérange pas..."
Isabella : "Hum... Ca ne me dérange pas... Mais toi, ça te dérange que je reste ?"
Moi : "Oh non pas du tout !"
Isabella en souriant : "Parfait ! Alors, alors... Le type que tu vois là-bas, c'est Mikaël..."

Elle me fait ainsi la présentation à distance de chaque personne se trouvant sur la place. Moi, je l'écoute mais je l'observe surtout. Cette fille est étrange. D'habitude, les gens n'aiment pas beaucoup ma compagnie parce que je ne parle pas, je ne m'approche pas, je ne ris pas avec eux. Mais elle, ça ne la dérange pas et elle semble tout faire pour me mettre à l'aise. Je souris. Cette fille a l'air sympa et je décide donc de faire un effort pour être au moins aimable. Pour commencer, il faudrait peut-être que je me concentre sur ce qu'elle me dit, non ? Peut-être. Surtout qu'au moment précis où je me fais cette réflexion, sa voix change complètement de ton.

Isabella : "Ah ! Punaise... Regarde là-bas... Oui, là-bas... Tu vois les trois types qui arrivent ?"

J'acquiesce, reconnaissant les trois gars que j'avais vus dans le couloir lors de la visite du lycée. Aussitôt, celui qui a attiré une fois de plus mon regard, c'est ce grand brun, bien sûr. Ses longs cheveux lisses tombent sur ses épaules et s'agitent gracieusement alors qu'il avance d'une démarche sûre de lui. Ses yeux sont toujours aussi maquillés. Il porte un tee-shirt noir avec des impressions argentées, une veste en cuir blanche qui le cintre parfaitement, un jean noir très moulant et des santiags. Mon dieu, la classe ! Il est proprement magnifique.

Je me concentre pour continuer à écouter Isabella qui murmure maintenant avec des airs de conspiratrice.

Isabella : "Eux, ce sont LES beaux gosses du bahut, si tu vois ce que je veux dire. Les stars. Tout le monde les respecte et les vénère presque."
Moi sans lâcher le brun des yeux : "C'est qui ?"
Isabella en trépignant : "Alors, les deux jumeaux, c'est..."
Moi étonnée : "Les jumeaux ?! Quels jumeaux ?!"
Isabella en riant : "C'est vrai que ce n'est pas évident quand on ne connaît pas... Tu vois celui qui a les dreadlocks ? Et tu vois le gars plus androgyne avec les cheveux noirs ?"

J'acquiesce une nouvelle fois, n'ayant d'yeux que pour ce dernier.

Isabella : "Et ben, c'est eux, les jumeaux. Le dreadeux, c'est Tom, et son frère, c'est Bill. Le gars blond platine à côté, c'est Andréas. Ces trois-là sont inséparables. Quand ils sont arrivés au collège, ils traînaient déjà tout le temps ensemble et ils étaient si sûrs d'eux et de leur succès qu'ils étaient insupportables pour les profs en classe. Du coup, les profs les ont séparés et depuis, c'est un peu plus calme."
Moi : "Ils sont en quelle classe ?"
Isabella : "Terminale comme nous."

Je le vois balayer rapidement la place du regard dans un geste qui semble habituel avant de se tourner vers son frère. Bill... Ma première impression se confirme : j'ai réellement le sentiment d'être attirée par lui comme par un aimant, mais d'un autre côté, son charisme semble me garder à distance. C'est le même effet que pour les objets précieux. On ne touche qu'avec les yeux.
Puis, je réalise que le "tombeur" n'est nul autre que son frère. Son frère ?! Comment ces deux-là pouvaient-ils être jumeaux ?! On ne pouvait pas trouver plus radicalement opposé dans le style.

Isabella : "Bill est dans notre classe."

Je me retourne vers elle, étonnée.

Moi : "Ca n'a pas l'air de te plaire..."
Isabella en haussant les épaules : "Bah ! Disons que c'est mieux que rien mais perso, j'aurais préféré Tom ! T'as vu comme il est canon, ce mec ?!"

Je me contrains alors à jeter un rapide regard au dit Tom. Quand il se trouve à cette distance de moi et qu'il ne me regarde pas, je dois avouer qu'il n'est pas mal non plus. Mais je ne pouvais m'empêcher de repenser au regard qu'il m'avait lancé la première fois que je l'avais vu.

Moi : "Il n'est pas un peu du genre à courir après les filles, lui ?"
Isabella : "Si et pas qu'un peu ! Il a dû coucher avec la moitié des filles du bahut !"
Moi avec une mine dégouttée : "Ouais, c'est bien ce qu'il me semblait..."
Isabella : "D'un autre coté, il peut se permettre, canon comme il est ! Il n'a qu'à lever le petit doigt et il a n'importe quelle fille dans son lit !"
Moi : "Et Bill est comme ça, lui aussi ?"

Je voyais mal le brun androgyne dans ce rôle.

Isabella : "Beaucoup moins. Il préfère les longues histoires. C'est pour ça que la moitié des filles du lycée fantasme sur lui."
Moi : "Laisse-moi deviner... C'est la moitié qui n'a pas couché avec Tom ?"
Isabella en riant : "Gagné !"

Je souris.

Moi : "Et le troisième... Andréas ?"
Isabella : "Il est également connu pour ses frasques, mais il est plus subtil que Tom. Lui, il préfère la difficulté, si je peux dire. Il adore draguer, pour faire tomber une fille dans ses bras alors qu'elle le méprisait au début. Tom est moins patient, si par hasard, une fille ne veut pas de lui, il abandonne rapidement et passe à autre chose."

A cet instant, la cloche retentit et nous prenons nos sacs pour nous diriger vers notre salle. En chemin, Isabella salue plein de personnes : elle semble très appréciée et encore une fois, je ne comprends pas pourquoi une fille aussi populaire qu'elle puisse vouloir rester avec quelqu'un d'aussi renfermé que moi. Il faudra que je pense à lui demander... plus tard.

On arrive enfin devant notre salle de mathématiques et notre professeur est déjà là. On entre et Isabella m'accompagne jusqu'au bureau du professeur.

Isabella : "Bonjour monsieur Fentsch."
Prof : "Bonjour Isabella. Oh, je suppose que tu es la nouvelle qui nous arrive tout droit de France, c'est ça ?"
Moi : "Oui. Je m'appelle Kim Beauregard."

Il rajoute mon nom à la liste d'appel puis redresse la tête pour me regarder.

Prof : "Bien ! Est-ce que tu as déjà fait les intégrales, en France ?"
Moi : "En début d'année, oui."
Prof en souriant, satisfait : "Bien ! Tu ne devrais pas avoir de mal à suivre le cours alors. Isabella pourra te faire rattraper ?"
Isabella : "Oui, bien sûr !"
Prof : "Parfait ! Vous pouvez rejoindre vos places."

On se retourne et je remarque alors que toute la classe est déjà installée et murmure sur mon passage. Pas très original ! Isabella et moi, on se dirige au fond de la classe où il reste une table de libre. On s'assoit et le cours commence. Comme je l'ai déjà eu en France, je n'écoute que d'une oreille distraite.

A la place, je dévisage mes camarades de classe. J'en cherche un en particulier... que je ne trouve pas. Je m'apprêtais à demander à Isabella quand j'entends râler à côté de moi. Puis, du même endroit provient juste après une grosse quinte de toux. Je tourne vivement la tête et me rends compte que j'avais oublié de regarder dans la même rangée que la mienne ! Et forcément, il est là.

Quand je le regarde, il est en train de prendre son portable tandis que son voisin a calmé miraculeusement sa quinte. Je les entends parler à voix basse.

Bill : "Putain, mon frère est trop con..."
Son voisin : "C'est lui qui t'a fait sonner ?"
Bill : "Qui d'autre me ferait sonner en plein cours pour me dire ça ?!"

Il montre son portable à son ami qui pouffe de rire. Bill relève la tête pour voir où se trouve le prof et regarde en même temps rapidement autour de lui pour voir si un élève l'a remarqué. Au moment où il allait fixer à nouveau son attention sur son portable, il me surprend en train de le fixer, seulement séparé de lui par la largeur de l'allée. Il me fait un sourire et m'adresse un clin d'½il malicieux avant de se concentrer sur son portable. Il entreprend alors de répondre à son frère et moi, je détourne brusquement la tête en rougissant. Punaise, ce sourire ! Si je l'avais trouvé beau avant, c'est parce que je ne l'avais jamais vu m'adresser un sourire. Il a un sourire tout simplement à tomber ! Avec ses dents d'un blanc éclatant, celles de devant légèrement proéminentes, ses lèvres bien dessinées et recouvertes de gloss... Waouh ! Concentre-toi, Kim, comment on fait pour respirer, déjà ? A oui ! Gonfle le thorax... Dégonfle... Gonfle... Secouée, je ne remarque pas immédiatement que la classe est silencieuse depuis quelques minutes déjà parce le prof a demandé de faire des exercices. A côté de moi, Isabella gratte sa feuille, en levant de temps à autre sa plume pour réfléchir. En revanche, un coup d'½il de mon autre côté m'apprend que Bill est toujours en train de taper son message. C'est alors que je vois le prof se rapprocher silencieusement vers nous, les sourcils froncés, les yeux fixés sur mon voisin. Impossible de l'avertir avec le silence total de la salle sans se faire roder par le prof. J'étais sûre qu'il n'avait pas vu le portable, Bill le planquant bien sous la table, mais j'étais également sûre qu'il venait pour confirmer ses soupçons.

Je fais alors tomber ma règle en aluminium par terre, malencontreusement bien sûr. Je lance un sourire désolé au prof et me baisse aussitôt pour la ramener. Mon stratagème avait fonctionné et quand le prof arrive à notre hauteur pour prendre Bill et son voisin en flag, Bill avait rangé depuis longtemps son portable.

Prof : "Puis-je voir vos exercices, jeunes gens ?"
Bill avec aplomb : "Je n'ai pas compris, monsieur."
Prof : "Bien, où as-tu perdu le fil du cours ?"
Bill en feignant habilement la concentration : "Pour l'intégration par partie, je n'arrive pas à voir comment on peut déterminer u(x) et v(x)...

Le prof entreprend alors de lui expliquer quelque chose qu'il avait sans doute compris depuis longtemps mais il écoute quand même l'explication avec une mine concentrée. Isabella me donne un coup de coude dans les côtes et je me retourne vers elle.

Isabella : "C'est impressionnant comment ils arrivent à mettre les profs dans leur poche... Ils sont tous les trois comme ça. Ils sont doués de partout, sauf en langues vivantes. On ne les voit jamais à ces cours-là, d'ailleurs. Bref ! Tu m'aides pour les exos ? Parce que moi, je n'ai réellement rien pané !"

Je souris et me mets donc à lui expliquer ce qu'est une intégrale. Quand elle a enfin compris, je me redresse et le prof passe à cet instant à la correction. Il fait passer un élève du premier rang au tableau et surveille son travail. Je suis concentrée quand on m'appelle.

... : "Excuse-moi ?"

Je me retourne vers la voix et constate avec une agréable surprise que c'est Bill qui m'appelle. Mon c½ur fait un drôle de soubresaut, d'ailleurs.

Bill : "Tu peux ramasser mon crayon qui se trouve à ton pied, s'il te plaît ?"

Il me fait un petit clin d'½il entendu, toujours en portant une expression amusée et je sens mon pauvre c½ur louper un battement. Son regard me magnétise et je dois faire un énorme effort pour rester sur Terre. Je me baisse alors et récupère son stylo qui n'est certainement pas arrivé ici par hasard.

Bill : "Merci pour toute à l'heure ! Si Fentsch nous avait chopés, on avait le droit à une heure de colle !"
Moi : "Pas de quoi."
Bill : "Tu t'appelles comment ?"
Moi : "Kim."
Bill : "Moi, c'est Bill."
Moi : "Je sais."
Prof : "On ne vous dérange pas ?"
Bill en se redressant : "Non, pas du tout. Excusez-nous, j'avais fait tomber mon crayon."

Il fait un grand sourire au prof ce qui a pour effet qu'il ne relève même pas l'insolence de Bill. Il lève les yeux au ciel avant de reporter son attention sur l'élève au tableau. Bill me fait un dernier sourire avant de reporter lui aussi son attention sur le cours. Enfin, en façade du moins, car je le vois déjà en train de parler avec son voisin.

Isabella : "Attention."
Moi : "Quoi ? Le prof est loin."
Isabella : "Bill peut se montrer bien plus dangereux que le prof."

Je lève un sourcil interrogateur et elle poursuit.

Isabella : "Je t'ai dit tout à l'heure qu'il n'était pas aussi volage que Tom, il n'en reste pas moins un mec putain de canon qui a des hormones à calmer ! Il n'est pas très bon de tomber amoureuse de lui sans le connaître avant."
Moi : "Message noté."

Le cours se termine ensuite et on sort pour aller en physique. Mais en arrivant devant la salle, on doit attendre car la classe précédente avait un DS et bien sûr, personne n'a finit à l'heure. On attend donc tranquillement contre le mur et Isabella en profite pour me poser plein de questions, puisqu'il ne faut pas compter sur moi pour faire la conversation.

Isabella : "Et tu as des frères, des s½urs ?"
Moi : "Un grand frère qui a vingt ans."
Isabella : "Et il fait quoi comme étude ?"
Moi : "Médecine. Il veut suivre les traces de ma mère."
Isabella : "Elle est médecin ?"
Moi : "Chirurgienne."

La classe précédente commence enfin à sortir. Les têtes sont majoritairement soucieuses et les gens ne s'attardent pas et filent directement en cours. Quelques uns adressent un petit signe à une personne qu'ils connaissent dans notre classe avant de s'en aller.

Isabella : "Et toi, tu veux faire quoi, plus tard ? Médecin aussi ?"
Moi : "Non, moi, je veux reprendre la boutique de mon père. Il est luthier."
Isabella : "Tu veux faire luthier ?"
Moi en souriant : "C'est mon rêve."
Isabella en souriant : "A ce point-là ?"

Je souris en retour et me tourne vers la porte de la salle pour voir si on peut enfin entrer. A cet instant, Tom et Andréas, si je me souviens bien, sortent tous les deux pile sous mon nez. Contrairement aux autres, ils pourraient sortir d'une heure de cours rébarbatif qu'ils n'auraient pas affiché une expression plus blasée. Tom passe et s'arrête pour parler avec Bill avant de partir. Je n'avais pas remarqué que ce dernier se trouvait juste derrière nous. Mais Tom se trouvant désormais près de lui, je détourne aussitôt le regard. La dernière chose que je souhaite, c'est de croiser le regard du dreadeux et d'y voir à nouveau la lueur qui me mets si mal à l'aise.

Tom : "Yo frérot !"
Bill : "T'es con de m'envoyer ce texto en plein cours de maths ! On a failli se faire griller par le prof !"
Tom en souriant : "Oh ça va, je n'avais rien à faire. Et tu n'avais qu'à pas te retrouver dans la classe de la frenchie !"
Bill amusé : "Quelle frenchie ? Celle qui est juste derrière toi ?"

Je déglutis discrètement. Moi qui voulais passer inaperçue et disparaître dans un trou de souris, c'est raté ! Bon, on va dire qu'on n'a rien entendu... Je relève les yeux vers Isabella pour voir qu'elle regarde dans la direction des jumeaux. En la regardant bien d'ailleurs, je peux presque voir le fil de bave s'échapper de ses lèvres et il ne m'est alors pas difficile de deviner qui elle fixe ainsi. Sauf que ça ne m'aide pas dans ma technique d'évitage !

Heureusement pour moi, le prof sort à ce moment dans le couloir pour nous faire signe de rentrer. Sauver ! Temporairement, du moins. Je prends mes affaires et rentre dans la salle sans un regard pour Isabella, Bill ou l'autre, là...

J'avance vers le fond de la classe, comme à mon habitude. C'est le meilleur endroit pour se faire oublier aussi bien du prof que des élèves ! Je commence à sortir mes affaires quand Isabella me rejoint.

Isabella en s'asseyant à mes côtés : "Pourquoi tu es partie comme ça ?"
Moi : "Tom allait venir vers nous."
Isabella surprise : "Et alors ?"
Moi : "Je ne l'aime pas."
Isabella sous le choc : "Tu ne l'aimes pas ?! Mais pourquoi ?!"

Je soupire et secoue la tête pour lui montrer qu'il est inutile d'insister. Moi-même, je ne sais pas exactement pourquoi il me met aussi mal à l'aise. D'habitude, je laisse les gars venir à moi et se décourager tout seul. Là, je ne veux même pas qu'il m'approche, comme s'il me faisait peur... même si c'est plus du dégoût que de la peur, ce que je ressens. A bien y réfléchir, il me fait l'effet antagoniste de son frère qui m'attire. Hypothèse intrigante... Mais les jumeaux sont si opposés, ça peut compter comme une différence supplémentaire, non ?

Je ne suis le cours que de loin. Encore quelque chose que j'ai déjà fait en France, la radioactivité. Je suis en fait beaucoup plus préoccupée par quelque chose, ou plutôt quelqu'un. Bill se trouve à la rangée devant la mienne, dans la colonne d'à côté. Le cours a l'air de l'ennuyer au maximum et il est appuyé sur un coude, sa tête sur sa main, en train de dessiner de l'autre. Son visage porte une expression absente, comme s'il dessinait sans voir ce qu'il faisait, mais du coup, ses traits sont détendus, révélant toute sa beauté.

Je ne peux m'empêcher de le détailler. Il m'attire comme jamais un garçon m'avait attirée. Jamais je n'avais rougi après un clin d'½il ou un sourire. Jamais mon c½ur s'était comporté aussi étrangement. Jamais je n'avais eu à effectuer un immense contrôle mental pour ne pas croiser mes bras sur ma table, mettre mon menton dedans et regarder un garçon avec un sourire rêveur collé aux lèvres. Jamais je n'avais ressenti ça et c'était pour le moins déstabilisant.

A un moment, il relève brusquement les yeux de sa feuille et les tourne vers moi, comme s'il avait su depuis le début que je le fixais. Je rougis encore une fois et détourne le regard vivement. Mais comme attirée par une force mystérieuse, mes yeux se reposent sur lui deux secondes plus tard.

Il n'a pas effectué un mouvement, il est toujours dans la même position mais il me regarde toujours, en souriant cette fois-ci, comme amusé par la situation. Gênée, je me concentre sur mes équations différentielles. Mais je sens son regard sur moi, brûlant. J'en ai presque du mal à respirer tellement ce regard pèse sur moi. Je n'ose pas relever les yeux et je passe le reste du cours à ignorer cette sensation de brûlure du côté gauche de ma poitrine.

Quand la sonnerie retentit enfin, annonçant la récréation, je soupire de soulagement. Je me lève et range mes affaires. Isabella n'a pas parlé du cours, trop absorbée par celui-ci. En sortant de la classe, elle a d'ailleurs du mal à s'en défaire. Mais comme je suis gentille – non, je ne me lance pas des fleurs – j'accepte de lui expliquer ce qu'elle a du mal à comprendre.

Moi : "Les noyaux trop gros rêvent de perdrent du poids. Et pour ça, ils dépensent de l'énergie. Un peu comme toi, si tu veux perdre deux kilos, tu dois courir."

Elle rigole un peu. C'est déjà ça ! Au moins, elle n'est pas fâchée contre la radioactivité ! Quand elle a enfin compris ce que j'essaye de lui expliquer, on est déjà dans la cour, assise sur un banc, à l'ombre d'un grand tilleul. Bon, d'accord, l'ombre n'est pas vitale quand il fait -5°C mais bon !

Isabella : "Bon, il faut que je te parle de choses sérieuses."
Moi : "La physique, c'est sérieux."

Elle rigole en voyant l'air détaché avec lequel j'ai dit ça, et je souris moi-même un peu. Mais elle revient bien vite à ce qu'elle veut me dire.

Isabella gravement : "Il te plaît un peu beaucoup, hein ?"
Moi automatiquement : "Je ne vois pas de quoi tu parles."
Isabella en souriant : "Je ne sais pas... Peut-être... De Bill ? Tu n'as pas arrêté de le dévorer du regard de tout le cours ! Je t'ai vue !"
Moi en marmonnant : "Tu n'es pas beaucoup mieux avec ton dreadeux, là..."
Isabella : "Arrête, ne le prend pas mal ! C'est juste rigolo !"
Moi : "Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle là dedans, mais bon."

Isabella arrête soudain de rire pour me fixer d'un air interrogateur. Je la laisse faire sans rien dire. Après tout, je préfère ça à être bombardée de questions. Mais j'aurais dû me douter que c'était trop beau pour durer...

Isabella : "Pourquoi tu es comme ça ? Je sais que ça peut paraître grossier ou mal poli, dit de cette manière, mais tu m'intrigues. Pourquoi tu ne parles pas plus ? Au début je pensais que c'était la timidité, mais tu me connais, maintenant, non ?"
Moi avec un sourire : "Ca fait deux heures que je t'ai rencontrée !"
Isabella : "Mais quand même !"

J'arrête de sourire pour fixer un point loin devant moi. Moi-même je ne sais pas pourquoi je suis comme ça. Comment l'expliquer à quelqu'un ?

Moi hésitante : "Je n'aime pas parler."

Je lui jette un coup d'½il avant de poursuivre.

Moi : "C'est surtout que je n'en ai pas l'habitude. Je ne veux pas me faire trop d'amis parce qu'on déménage souvent. Donc, jusqu'à maintenant, j'ai toujours été toute seule à l'école."
Isabella étonnée : "Toute seule ?! Tu veux dire... Toute seule, toute seule ?! Tu ne parlais jamais à personne ? Tu mangeais toute seule ?"
Moi amusée par son étonnement : "Oui et j'y survivais très bien !"
Isabella : "Mais comment t'as fait ?"
Moi : "Je me rattrape avec ma famille. Tu me verrais, je suis une vraie pipelette avec eux !"
Isabella en souriant : "J'ai du mal à l'imaginer, en effet ! Mais, je ne sais pas... Ca ne te manque pas de ne pas avoir d'amis ? Tu ne veux pas t'en faire ?"
Moi : "J'ai vécu sans jusqu'à maintenant, je peux continuer."
Isabella : "Tu veux que je te laisse ?"

Je réfléchis longuement à sa question en contemplant mon point au loin. Voulais-je qu'elle me laisse ? En avais-je marre de sa compagnie ? Après mûre réflexion, j'en conclus que non.

Moi franchement : "Non."
Isabella en souriant : "C'est déjà ça ! Un premier pas vers la sociabilité !"

J'esquisse un sourire alors qu'elle rigole. Oui, elle est sympa, elle ne me dérange pas, je suis bien avec elle... c'est ce qu'on appelle une amie ? Non, pas encore, je pense. Mais c'est sur la bonne voie, non ?

Isabella : "Bon ! Et maintenant, tu veux que je te présente à mes amis ?"
Moi aussitôt : "Non !"
Isabella en souriant : "Je le savais. Ca aurait été trop facile, hein ?"

Elle rigole encore.

Isabella : "Attend... ANA !"

Elle met deux doigts dans sa bouche et siffle sous mon regard éberlué. De l'autre côté de la cour, dans un groupe de jeunes, une fille se retourne dans notre direction. Isabella lui fait de grands signes et la jeune fille finit par nous rejoindre.

Isabella : "Ma best, au moins ?"


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Bonjour tout le monde !!! :D

Et oui, déjà la suite !!! Je suis inspirée en ce moment dis donc !!! XD Profitez-en parce qu'avec le bac blanc qui approche, je n'ai plus beaucoup le temps d'écrire et là, ce que je vous poste, c'est ce que j'avais déjà écrit il y a un petit moment, déjà !!! ^^

Tous vos comm's me font super plaisir, vraiment continuez comme ça !!! Dîtes-moi tout ce que vous pensez en bien ou en mal de cette nouvelle fix !!!

Brefouille !!! Je le dis depuis ce matin, il faut que j'aille réviser mais j'ai trop pas la motivation (hein Clem ?!^^). Mais bon !!! Après, je vais être à la bourre, donc... A plus !!! lol

Plus sérieusement, je m'excuse auprès de lectrices qui m'ont demandé d'aller lire leur fix, mais pour le moment, je n'ai pas trop le temps, mais promis je ne vous oublie pas !!! :D J'essayerai de passer le plus rapidement possible mais j'ai bien peur qu'il ne vous faille attendre un petit peu :$ ...

Voilan je crois que j'ai tout dit !!! A bientôt, les petits gens !!! J'ai encore deux chapitres en réserve pour vous !!! :D Gros bisouxxxxxx, je vous n'aimeuh !!! $)

Edit du 22/03/09 : Bonjour tout le monde !!!
Alors tout d'abord, Play-mO-Beul a mis le 100ème comm' !!!
Déjà 100 comm's, les gens !!! C'est super, je n'en reviens pas, sérieux !!! :D Et puis, ce que vous me dîtes dedans, c'est vraiment génial, je me base vraiment dessus pour écrire la suite ou pour modifier ce qui est déjà écrit. Continuez comme ça !!! ^^ Promis, la suite ne devrait pas trop tarder, je vais faire mon possible !!!
Encore merci pour tout !!!! Et je vous dis à très bientôt !!!
Big Kissssssssssssss

# Posted on Saturday, 21 March 2009 at 10:08 AM

Edited on Monday, 13 April 2009 at 8:19 AM