Ndla : Les paroles entre " " sont en allemand, celles entre « », en français !!!
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Je me réveille avec une douce odeur de crêpes. Je souris et m'étire doucement. Ce faisant, mon estomac émet un gros gargouillis. Je ne peux m'empêcher de rire doucement.
Moi : « Je sais, je sais, encore un peu de patience... »
Je tapote mon estomac pour le calmer. J'aime beaucoup me parler ou parler à des objets. Je crois que j'ai hérité ça de ma mère. L'odeur alléchante montant de la cuisine finit par me mettre l'eau à la bouche et je me lève, reposant soigneusement mon Simba sur l'oreiller. Avant tout, j'ouvre mes volets et laisse ma fenêtre béante pour changer l'air de ma chambre et faire entrer les premiers rayons du soleil qui se lève dans un ciel vide de nuage. La journée promet d'être radieuse ! Puis, je mets mes chaussons que je déniche dans un de mes sacs et je descends enfin à la cuisine.
Le matin, je suis rarement dans le brouillard si bien que je sautille de partout en me levant. Je saute les trois dernières marches des escaliers et cours dans la cuisine pour sauter sur le dos de ma mère.
Moi : « Bonjour ! »
Françoise : « Attention ! Prend pitié de mes pauvres crêpes ! »
Je rigole et lui plante un gros bisou sur la joue avant de m'excuser platement face à la poêle où une crêpe est en train de dorer. Ma mère rigole et m'embrasse sur la tête.
Françoise : « Bien dormi ? »
Moi : « Super ! »
Je m'affaire à mettre la table en sortant les assiettes, les couverts, le pot de miel, la confiture, le Nutella (très important)... quand mon père entre dans la cuisine, beaucoup moins réveillé que moi, ce qui m'amuse toujours autant. J'adore lui donner le tournis le matin ! Je cours vers lui et m'accroche à son cou en l'embrassant sur les deux joues plusieurs fois de suite.
Moi : « Bonjour papa ! »
Christian : « B'jour m'chérie... »
Il arrive à peine à ouvrir les yeux, ce qui me fait rire. Il s'assoit à tâtons et reste là, à fixer son assiette. Puis, petit à petit, il réalise qu'il a bien une assiette devant lui et pas un bol. Alors, il relève doucement la tête et hume l'air de la cuisine et enfin, il voit sa femme derrière les fourneaux.
Christian : « Oh ! Des crêpes ! »
Françoise : « Bonjour mon muffins d'amour... »
Christian : « Oups ! Pardon, ma chérie ! Bonjour, comment tu vas ? »
Il se lève d'un pas un peu plus assuré que quand il est entré dans la cuisine et va la prendre par la taille en l'embrassant dans le cou.
Françoise en souriant : « Très bien ! Mais j'ai eu peur, un instant. J'ai cru que tu m'avais trouvé un nouveau surnom ! »
J'explose de rire face à la tête contrite de mon père qui se retourne vers moi, le regard malicieux.
Christian : « Dis donc, toi ! Si tu allais réveiller ton frère ? »
Moi : « J'y cours, j'y vole ! »
Et je pars effectivement en courant vers la chambre de mon frère, adjacente à la mienne. J'ouvre la porte en trombe et me jette sur le lit de Matthieu en le secouant comme un prunier. Le matin, vous l'aurez remarqué, j'adore faire chier mon monde !
Moi : « Deeeebouuut ! C'est l'heeeeuuure ! »
Matthieu : « Putain, vire de ma chambre ! »
Je n'en fais rien et continue à le harceler jusqu'à ce qu'il soit assez réveillé pour réagir. C'est bien sûr ce que j'attendais avec impatience. Une vraie gamine et fière de l'être !
Matthieu en serrant les dents : « Oh toi, crapule... »
Il se retourne sur le dos, m'attrape fermement par la taille d'un bras, me plaque contre lui et de sa main libre, il se met à me chatouiller pour mon plus grand bonheur. J'adore les chatouilles ! Je me tortille dans tous les sens en riant aux éclats jusqu'à ce que je n'aie plus de souffle. Là, Matthieu s'arrête et me garde contre lui. Je niche ma tête dans son cou. J'adore ces petits moments entre mon frère et moi. On est très complice, tous les deux, on aime être proche l'un de l'autre.
Puis, Matthieu perçoit enfin l'odeur de crêpe qui plane dans la maison. Il sourit et me jette sans scrupule du lit pour se lever. Je grommelle mais je souris malgré tout. C'est comme ça, entre mon frère et moi. Attentionné un instant et négligent l'instant d'après... Et j'adore notre relation. Je me relève et rejoins ma petite famille attablée à la cuisine.
On déjeune dans la bonne humeur en faisant des projets pour la journée. Mon père veut aller à son atelier le plus vite possible, mais pour ça, il a besoin de mon frère pour l'aider à porter tout son matériel là-bas. Il prendra aussi la voiture et comme je n'ai pas envie de faire l'aller-retour au lycée à pied, je dois attendre que mon frère revienne avec la voiture pour m'y emmener. D'ici là, j'ai l'intention de ranger ma chambre correctement et, s'il me reste du temps, de songer à la décoration. Ma mère veut faire un peu de ménage, l'emménagement ayant déplacé beaucoup de poussière. Une fois le repas terminé, on se met donc tous à l'½uvre.
Je monte dans ma chambre et me mets à ranger mes vêtements dans ma penderie, à mettre de l'ordre dans mes affaires scolaires et à nettoyer mes vitres qui étaient dans un état épouvantable. Puis, je passe à la salle de bain pour me laver moi-même, m'habiller et me coiffer. J'attache mes longs cheveux châtains foncés en une queue de cheval haute, laissant deux mèches retomber devant mes yeux d'un vert brillant et en amande. Je me vérifie une dernière fois dans la glace : ce tee-shirt vert clair ressort vraiment bien sur ma peau matte ! Et même si ce jean est un peu vieux, il me va toujours aussi bien. Satisfaite, je sors donc de la salle de bain pour descendre rejoindre ma mère en train de ranger les livres dans notre bibliothèque. Le problème de cette activité, c'est que tôt ou tard, on s'aperçoit qu'on a encore un livre qu'on pensait avoir perdu depuis longtemps et on se remet à le lire parce qu'il est trop bien. C'est d'ailleurs ce qui m'arrive après cinq livres rangés.
Moi : « Hé ! Je croyais que tu l'avais jeté, celui-là ! »
Françoise : « Et puis quoi encore ?! Il est trop bien ! »
Moi : « Je sais ! »
Et je me laisse tomber dans le canapé pour me remettre à le lire. Mais je suis interrompu dans ma lecture par la porte d'entrée qui s'ouvre.
Matthieu : « Choupette ! Ramène tes fesses, on va chercher tes livres ! »
Moi : « J'arrive ! »
Je referme mon livre en marquant soigneusement la page, le monte à ma chambre en courant, attrape mon sac de cours, vide pour l'instant, et redescends dans le hall d'entrée.
Françoise : « Tu as tous tes papiers ? »
Moi : « Oui maman ! »
Françoise : « Ok ! A toute à l'heure ! Et bon courage ! »
Moi en maugréant : « Merci ! »
Matthieu éclate de rire et on sort tous les deux dehors pour grimper dans le gros Hummer.
Moi : « Alors, il est comment, l'atelier de papa ? »
Matthieu : « Super ! Il est grand, bien éclairé, super bien placé... »
Moi : « J'ai hâte de passer à la boutique ! »
Matthieu : « De toutes les manières, quand on ira se balader toute à l'heure, on passera devant et tu verras par toi-même. »
Moi : « Et toi, tu reprends quand les cours ? »
On était à la mi-janvier et aujourd'hui, c'est vendredi. Donc moi, je récupère mes livres aujourd'hui et reprends le lycée lundi. Ca ne me gênait pas de reprendre en cours d'année : quoiqu'il arrive, je n'arrivais pas à me faire d'amis et j'étais suffisamment bonne élève pour rattraper. Mon frère était en étude de médecine. Il voulait faire le même métier que ma mère mais en avait pour un petit moment d'étude, encore ! Alors que moi, je n'avais plus que la fin de l'année à tirer et après, ce sera mon père qui me formera !
Matthieu : « Je sais pas, j'irai me renseigner lundi après t'avoir déposée au lycée ! »
Encore une de nos routines. Mon père se rendait toujours à son atelier en vélo donc, depuis que mon frère avait le permis, il me déposait tous les jours au lycée et revenait me chercher chaque soir. Quand il terminait plus tard que moi, je l'attendais en permanence. Mes parents n'avaient pas voulu au départ qu'il m'emmène ainsi. Ils disaient que ça réduisait mes chances de me faire des copains dans les transports. Mais quand ils ont vu que, quoiqu'il arrive, je ne me faisais pas d'amis ils ont renoncé et nous ont laissé faire ce qu'on voulait.
On n'a eu aucun mal à trouver le lycée car il était bien annoncé. C'est un grand bâtiment moderne, ou plutôt, un complexe de grands bâtiments modernes ! Le cadre est agréable avec la grande cour, des arbres, des pelouses parfaitement entretenues... Mon frère gare la voiture près du portail et descend avec moi. On avance jusqu'à un interphone et c'est moi qui me charge de sonner.
... : "Oui ?"
Moi : "Bonjour ! Je suis Kim Beauregard, je suis nouvelle et je viens récupérer mes livres."
... : "Ah oui ! Bien sûr ! Rend-toi à l'accueil !"
Elle m'ouvre et on franchit le seuil de l'établissement.
Matthieu : « Je crois que tu n'as pas besoin de préciser que tu es française ! »
Moi en lui pinçant les côtes : « Oh ça va, hein ! Au moins, j'aurais les notes maximales en cours de français ! »
Matthieu : « T'imagines la honte, sinon ? »
On rigole en gravissant une petite volée de marche conduisant au premier bâtiment qui portait une pancarte "ACCUEIL" au dessus de la porte.
Matthieu : « En tout cas, j'aime le coin. J'aurais bien aimé faire mon lycée dans un bahut pareil ! »
Je souris. Il me laisse frapper et entrer la première. A l'intérieur, dès l'entrée, une petite salle avec quelques chaises et une fontaine à eau. Il y avait également une grosse plante verte. Pour l'instant, la petite salle d'attente étant vide, je me dirige donc directement vers la salle principale où trois bureaux sont alignés derrière lesquels trois secrétaires se trouvent, toutes affairées mais papotant quand même entre elles. Quand on entre, elles relèvent toutes la tête pour nous regarder. Et elles sourient toutes les trois gentiment. La secrétaire qui avait sur son bureau une petite pancarte avec marquée dessus « Mme Keiser » est la première à prendre la parole.
Mme Keiser : "Bonjour ! Je suis la secrétaire principale de l'établissement ainsi que la CPE des classes de seconde."
Moi : "Bonjour, je m'appelle Kim Beauregard et j'arrive de France. Je suis inscrite dans cet établissement pour la fin de cette année."
Mme Keiser : "Tu es en quelle classe ?"
Moi : "Terminale, madame."
Mme Keiser : "Très bien, alors je vais te laisser voir avec ma collègue, Mme Hansmann. C'est elle la CPE des classes de terminale."
Elle me désigne le bureau à sa droite en souriant et je m'approche donc, mon frère me suivant à la trace.
Mme Hansmann : "Bonjour, ma petite. Alors tu as ta dérogation ? Ta feuille d'inscription ? Ta feuille d'identité ?"
Moi en sortant les documents : "Oui... Les voilà."
Elle me les prend, pose une paire de lunettes sur son nez aquilin et regarde les fiches les unes après les autres.
Mme Hansmann : "Bien ! Tout m'a l'air en ordre. Tu reprends lundi, ça te va ?"
Moi : "Oui, oui."
Elle prend un petit papier sur son bureau, griffonne quelque chose dessus puis prend son téléphone, appuie sur la touche 3 et patiente quelques instants.
Mme Hansmann : "Dunja ? Oui, c'est Corinna. Pourrais-tu venir au secrétariat ? Il y a la petite nouvelle qui vient d'arriver. Il faut l'emmener au CDI pour qu'elle récupère ses livres et lui présenter rapidement les lieux... Très bien, merci."
Elle raccroche et m'adresse un sourire maternel.
Mme Hansmann : "Voilà ! Tu seras en terminale 12 et ton professeur principal est ton professeur de Mathématiques, M. Fentsch. Je te donne maintenant ton emploi du temps comme ça, Dunja pourra te montrer tes classes."
Moi : "C'est vraiment gentil mais ce n'est pas la peine, vous savez, je me débrouillerai lundi..."
Mme Hansmann : "Ce sera plus simple comme ça, non ? Bon. Et pour jeune homme...?"
Matthieu : "Je suis son frère, je l'accompagne juste."
Mme Hansmann : "Ah très bien !... Ah ! Dunja ! Je te présente mademoiselle Kim Beauregard et son frère. Kim voici Dunja. C'est une des surveillantes du lycée."
La dénommée Dunja est une jeune femme à l'air aimable mais quelque chose montre dans sa posture qu'elle sait se faire respecter. Elle me sourit et m'invite à la suivre. On sort donc tous les trois du secrétariat.
Dunja : "Alors comme ça, tu viens de France ? Ca doit être dur de changer comme ça de pays, non ?"
Moi : "On a l'habitude de bouger."
Dunja : "Et tu viens d'où, en France ?"
Moi : "Paris. Mais on a aussi habité à Metz, Lyon, Toulouse, et Besançon."
Dunja en souriant : "Effectivement, tu bouges beaucoup !"
Je souris en retour. Elle est gentille mais je ne suis jamais très loquace avec les gens autres que mon père, ma mère et mon frère. D'un certain côté, si je n'ai jamais eu d'amis, c'est en partie de mon fait parce que je ne fais rien pour alimenter une conversation. Je n'aime pas parler de moi, donner mon avis, m'exprimer face à quelqu'un que je ne connais pas et ce trait de ma personnalité en a découragé plus d'un qui voulait m'aborder ! J'ai toujours l'impression que si je raconte ma vie, mon interlocuteur va s'ennuyer parce qu'il n'en a rien à faire, même si souvent, il me dit tout le contraire ! Sauf que s'il y a une chose que j'aime encore moins que parler de moi, c'est bien les hypocrites...
Dunja : "Alors, là, c'est le réfectoire. Il est ouvert tous les jours de 11h30 à 13h30. Là, c'est l'une des salles de permanence. Il y en a cinq en tout dans le lycée. Il n'y a pas de surveillants, c'est à vous de faire en sorte que tout se passe bien."
La salle en question était une salle de classe désaffectée et reconvertie en une sorte de petit salon avec des tables et des chaises confortables, ainsi qu'un ou deux canapés. Je sens que je vais me plaire, ici, moi ! Dunja continue la visite et on arrive bientôt devant le CDI. On entre et elle se dirige directement vers le bibliothécaire. Moi, je la suis plus doucement, jetant quelques coups d'½il autour de moi. Plusieurs élèves travaillent en groupe ou seul à de grandes tables en bois brut, d'autres se baladent parmi les nombreuses étagères... le tout dans l'atmosphère feutrée et silencieuse d'une bibliothèque. Je rejoins la surveillante qui a déjà mes livres à la main. J'ouvre alors mon sac et elle les glisse dedans. Matthieu prend alors mon sac sur une épaule et je le remercie d'un sourire. On quitte ensuite le CDI.
La visite se poursuit le long de grands couloirs et Dunja m'énumère le nom des endroits qu'on traverse.
Dunja : "Là, c'est les salles de TP... Là, c'est les toilettes... Là, c'est l'infirmerie... Là-bas, le grand bâtiment que tu vois par la vitre, c'est le gymnase, on y accède depuis la cour... Et bien, les gars !! C'est quoi, là ? Pause pique-nique ? Salon de thé ?"
Je sursaute en entendant son changement de ton et regarde ensuite dans sa direction. Trois garçons se tiennent assis nonchalamment dans un coin. Si tous les trois ont à peu près le même gabarit (grand et mince), ils n'ont en revanche pas du tout le même look ! Et tout de suite, je me dis que l'image que l'on a des allemands comme étant très respectueux des règles et des conventions est brisée en mille morceaux !
L'un est blond platine, les cheveux courts et lisses avec une mèche lui tombant devant l'½il gauche. Ses vêtements sont plutôt serrés pour un garçon et il aime visiblement les impressions fluorescentes et flashies ! Il mâchonne un stylo en regardant le plafond, mais tourne la tête vers Dunja en souriant.
L'un de ses deux amis est châtain clair, porte des dreadlocks retenues par une casquette et un bandeau mais qui lui descendent malgré tout bien en dessous des épaules. Ses vêtements sont très larges et il semble être un adepte de la gamme Eckö Unltd. Si son look rappelle tout du rappeur américain, ce n'est pas le cas pour le troisième garçon.
Ce dernier a les cheveux longs, noirs, parsemés de mèches blondes. Une mèche retombe gracieusement devant un ½il charbonneux. En effet, il se maquille, et pas qu'un peu ! Ses yeux sont cerclés d'un épais trait noir et il porte du gloss. Il a également un piercing à l'arcade. Ses vêtements, par opposition au rappeur, le moule à l'extrême et sont uniquement dans les tons de noir et blanc. Ce mec a une classe incroyable !
En entendant Dunja, ils ont tous les trois tourné la tête vers elle. Ils affichent aussitôt un sourire.
Le brun : "C'est plus aire de repos, là ! Tu veux te joindre à nous ? On ne dirait pas, mais le carrelage est vraiment confortable !"
Dunja : "C'est ça ! Allez ! Debout, tous les trois et allez dans une salle de permanence, au moins !"
Le brun en regardant le châtain : "Putain, qu'on est con ! On n'a même pas pensé à aller dans les canapés des salles de permanence."
Le blond : "Bah non ! Le carrelage est bien plus confortable !"
Des trois, seul le dreadeux s'intéresse à nous. Ses yeux virevoltent vers mon frère sans s'attarder et se fixent ensuite sur moi. Là, son regard change totalement. De nonchalant, il passe à vivement intéressé puis à dragueur, presque provocant. Il me toise en jouant avec son piercing à la lèvre, un petit sourire sur le visage. Automatiquement, mon sang ne fait qu'un tour : pour qui il se prend, ce type ?! Je sens Matthieu qui se tend à côté de moi et se rapproche, protecteur. Le dreadé lui accorde alors un peu plus d'attention et soulève un sourcil interrogatif.
Dunja : "Ok, j'ai compris, vous ne voulez pas y aller. Bon, trouvez-vous au moins un autre endroit, sinon, on va m'engueuler après."
Le brun malicieux : "Tu peux peut-être nous conseiller ?"
Dunja en souriant : "Et puis quoi encore ?! En plus, je suis sûre que vous êtes bien mieux renseignés que moi sur les cachettes de ce lycée !"
Le blond : "Rooo ! Pas drôle !"
Ils se lèvent en maugréant et le dreadeux me lâche enfin des yeux. Ils récupèrent leur sac et s'en vont après un dernier signe de la main à Dunja. Cette dernière soupire et repart. On la suit, mais je bouillonne encore de l'attitude du gars avec les dreadlocks. J'ai toujours détesté viscéralement les types qui se prenaient pour des tombeurs. De plus, ayant un physique agréable, j'avais malheureusement souvent le droit aux techniques de drague foireuses de ce genre de mecs. Heureusement, au lycée, je restais dans mon coin et je passais inaperçue, et quand je me promenais dans la rue, j'étais souvent accompagnée de Matthieu, ce qui me sauvait de devoir rembarrer les garçons un peu trop entreprenants.
Matthieu : "C'était qui ?"
Dunja : "Oh, des gars qui aiment faire parler d'eux, c'est tout. Ils sont très populaires ici. Mais ils aiment bien transgresser quelques règles de temps à autre, histoire qu'on ne les oublie pas."
Matthieu ne rajoute rien mais je le sens encore en colère et je sais précisément ce qu'il pense : je défonce ce mec s'il touche à ma s½ur ! Mais bon, depuis qu'il avait disparu, je me calme plus facilement et repense alors au brun. Jamais je n'avais vu un gars dégager un tel charisme et avoir une telle classe. Quelque chose en lui m'attirait irrésistiblement, tout en m'impressionnant. Mais je n'ai pas pu continuer à penser à lui car la visite était terminée.
Après avoir remercié la surveillante, on retourne tous les deux à la voiture.
Matthieu : « Moi qui pensait en avoir finit avec tous ces mecs relous, dragueurs à deux balles et tout... »
Moi : « Visiblement, non ! »
Matthieu sérieusement : « S'il t'approche, s'il te touche, s'il te fais du mal, tu me le dis illico-presto, pigé ? Peu importe où tu es ou l'heure qu'il est, tu m'appelles ! »
Moi en levant les yeux au ciel : « T'inquiète, il va vite se décourager avec moi... Mais d'accord, je t'appelle. »
Il souffle pour se calmer et met le moteur en marche. Mon portable sonne et je décroche à ma mère.
Françoise : « Ma chérie ? C'est bon, tu as terminé ? Tu as tout ce qu'il te faut ? »
Moi : « Oui, on vient de remonter dans la voiture, là. »
Françoise : « Ok. Vous pouvez passer me prendre à la maison ? Papa veut qu'on mange tous en ville à midi. »
Moi : « Oh, cool ! Son atelier doit vraiment lui plaire ! »
Françoise : « A mon avis, oui ! »
Moi : « Bon, on arrive ! »
Je raccroche et mets mon frère au courant du projet de déjeuner en ville. Il acquiesce et ramène la voiture à la maison. Plus on s'éloigne du lycée, plus je le sens se détendre. Je ne dis rien et le laisse ruminer.
Arrivés à la maison, je pose mon sac et on repart directement avec ma mère qui nous attendait.
Françoise : « Alors ? Premières impressions ? »
Matthieu : « Mal fréquenté. »
Françoise : « Quoi ? »
Moi en soupirant : « Non, il m'a l'air très bien, ce lycée. Juste, pendant qu'une pionne me faisait visiter, on est tombé sur trois gars qui glandaient dans les couloirs. L'un d'eux m'a reluquée ouvertement et ça n'a pas plu à Matthieu. »
Matthieu en s'offusquant : « Parce que ça t'a plu, à toi ? »
Moi : « Je n'ai pas dit ça, tu sais que je déteste ce genre de gars. Mais c'est bon, on ne va pas se prendre la tête avec cette histoire toute l'après-midi ! »
Matthieu se renfrogne. Ma mère, elle, n'y voit aucun mal.
Françoise : « Mais Matthieu, c'est normal que les garçons la regardent. Elle est très mignonne, ma fille, aussi ! »
Je souris à ma mère. Matthieu, lui, grommelle de plus belle dans son coin. Je n'aime pas le voir comme ça alors je me penche vers lui et lui colle un bisou sur la joue.
Moi : « T'inquiète pas, va ! Je vais me charger de le remettre à sa place rapidement et si ça ne marche pas, promis, je t'appelle pour que tu viennes lui casser la gueule. Maman n'aura qu'à le rafistoler après ! »
Françoise en souriant : « C'est gentil de te préoccuper de moi et de m'assurer un emploi, ma chérie ! »
On rigole toutes les deux et mon frère finit par esquisser un sourire. Peu après, on arrive à l'atelier de mon père. Je descends de la voiture et cours dans la boutique.
L'atelier n'est occupé que depuis ce matin et déjà, l'odeur du bois imprègne la pièce. Je respire à plein poumon. Mon père a déjà terminé de tout mettre en place et quand j'arrive, il est en train de poncer une guitare en cours de fabrication. Il relève la tête, me sourit et pose précautionneusement l'objet. Il s'essuie les mains, secoue sa chemise et vient m'embrasser.
Christian : « Bonne matinée ? »
Moi : « Ca peut aller ! Mon lycée est super beau ! »
Christian : « C'est une bonne nouvelle, ça ! On va en discuter plus tard, là, mon estomac crie famine ! »
Je rigole et on sort de la boutique. Il ferme la porte derrière lui et on grimpe dans la voiture. Mon père donne quelques instructions à mon frère quant à savoir où se diriger et on repart. Mon frère finit par se garer dans une zone très animée.
Christian : « J'ai repéré un petit resto sympa, en passant ce matin. Venez voir ! »
Le restaurant en question servait des spécialités culinaires locales. Il se révèle être alors excellent et mes parents jouaient depuis plusieurs minutes à « qu'est-ce qu'il y a dans ce plat » quand Matthieu se penche vers moi.
Matthieu : « Ca tient toujours pour cette après-midi ? »
Moi : « Ouais, j'ai trop envie de voir à quoi elle ressemble vraiment, cette ville ! »
Le repas se déroule donc joyeusement puis on se sépare. Ma mère reprend la voiture pour déposer mon père à son atelier puis pour aller faire des courses. Nous, on part tranquillement vers le centre-ville.
Après plusieurs heures à carapater dans les rues de Magdeburg, on se décide à rentrer. J'avoue que la ville a beaucoup de charme. Outre tous ses parcs, elle regorge d'échoppes plus ou moins importantes. Les gens sont accueillants, souriants, et pour la première fois, je me sens bien hors de chez moi. D'habitude, je ne suis à l'aise que dans mon foyer. A l'extérieur, je n'ai pas d'amis avec qui me promener et je supporte mal la foule. Mais là, je n'ai pas cette sensation d'oppression. Les gens sont joyeux et communiquent cette bonne humeur. Un regard à mon frère m'informe qu'il est d'accord avec moi.
Matthieu : « Ca, c'est du dépaysement ! Je n'avais pas cette impression, les autres fois où on a déménagé. »
Moi : « Moi non plus. Punaise, il faut que je revienne avec maman pour faire les boutiques ! »
Matthieu en riant : « Tu vas survivre avec autant de magasins autour de toi ?! »
Moi : « Il y a intérêt, tient ! Je n'ai pas envie de gâcher ma chance d'avoir des magasins tout autour du ventre en mourrant d'overdose ! »
Il explose de rire et je le suis. Je suis de bonne humeur. C'est vrai quoi ?! Ma nouvelle maison me plaît, j'ai un beau lycée, j'habite dans une ville qui pour la première fois, ne me rejette pas, et je viens de passer l'après-midi avec mon frère. Que demander de plus ?
En rentrant, la perspective de devoir ranger mes livres de cours n'arrive même pas à faire partir mon sourire. Une fois fait, je vais aider ma mère à préparer le repas du soir. J'adore cuisiner. Et ce soir, c'est chili con carne. J'en salive d'avance !
*
* *
Le lendemain, je passe une grande partie de la journée à feuilleter mes livres de cours pour voir en quoi le programme allemand diffère du programme français. Puis, mon frère vient me chercher pour qu'on se promène tous les deux dans le quartier.
Tout en marchant, on parle de tout et de rien, on se charrie, on se taquine. La routine quoi ! Je remarque alors qu'il y a beaucoup d'autres groupes de jeunes à traîner dehors, soit dans les jardins, soit dans la rue même sur des bancs ou à même le sol. Mais comme d'habitude, on n'en approche aucun, préférant rester tous les deux. Certains nous regardent mais beaucoup nous ignorent et ça me va très bien !
Le dimanche se déroule de la même manière sauf que le soir, avant d'aller me coucher, j'ai une boule d'appréhension dans l'estomac. Malgré le fait que je ne vais pas vers les autres personnes, je suis une fille très assurée mais pas au point de ne pas redouter un minimum ma première journée de cours dans ce nouvel établissement. Comme toujours dans ces cas-là, je rejoins mon frère dans sa chambre.
Je toque pour la forme et entre sans attendre de réponse. Parfait ! Il est en train de jouer de la guitare. Il ne joue pas souvent, ce n'est pas une passion et il ne maîtrise pas très bien l'instrument mais le peu de mélodies qu'il connaît, il les interprète divinement bien. Il relève la tête en m'entendant entrer. Je souris et viens m'asseoir à côté de lui. Il recommence à jouer doucement. Je souris : c'est ma berceuse. Celle que mon père a composée pour nous au piano, la première que mon frère ait appris à jouer sur la guitare et celle qui m'a toujours tout fait oublié. Matthieu me la joue quand il sent que ça ne va pas.
Moi : « Je stresse pour demain. »
Il ne répond rien, acquiesce seulement de la tête et continue à jouer. Je me blottie contre lui, replis mes jambes sous mon corps et pose ma tête sur son épaule. Il rejoue la même mélodie inlassablement, pour moi. Et je ne l'entends même pas s'arrêter...
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Bonjour tout le monde !!! (Même s'il n'y a pas grand monde pour l'instant !!! lol)
Voici le premier chapitre !!! :D J'espère que ça vous plaît !! Donnez-moi toutes vos impressions !!! A votre avis comment ça va se passer le lendemain au lycée ? Que pensez-vous de l'attitude de Kim vis-à-vis de Tom ? Donnez-moi vos hypothèses !!!
Bon, sur ce, je vous dis à bientôt pour la suite !!!